jeudi 26 mars 2015

Ile de Pâques

L'île de Pâques est à cinq heurs d'avion de Santiago et à deux mille kilomètres de la plus proche terre habitée. Elle est entourée de falaises et n'a que deux plages, il est vrai sublimes. Les ports ne peuvent accueillir que des barques et les bateaux restent au large. Il arrivent fréquemment que la houle soit trop importante pour que les chaloupes puissent accoster, donc pas de paquebots !
L'île est reliée par avion avec Santiago, un vol par jour. L'aéroport est à l'une de ses extrémités, La piste à cet endroit occupe toute sa largeur. Si le pilote se rate, à l'eau !!!
L'île est connue pour ses Moais, statues géantes, qui sont évidemment impressionnants, mais elle est par ailleurs une vraie merveille. C'est la plus orientale des îles d'Océanie et elle est  complètement dans sa culture. Le paysage est assez spectaculaire. Toutes les hauteurs sont des cônes volcaniques verdoyants. La plus grande partie de l'île est couverte d'une sorte de lande d'un vert très clair parsemé de bandes ocres. Il y a beaucoup de chevaux en liberté qu'on voit passer souvent en cavalcade.
Ce qui m'a le mieux plus est la légende de l'homme oiseau, qui est d'ailleurs une réalité.
A la fin du dix-septième siècle, l'île a connu des conflits importants, qui ont mis fin à l'époque des mohais. Tous les chantiers ont été laissés à l'abandon et on retrouve les statues à leur différents états de fabrication ou de transport. Après une période de trouble, les pascuans ont résolu le problème en créant une compétition, au terme de laquelle le gagnant donnait le pouvoir à son clan pour une année.
La compétition consistait, à partir du village sacré d'Orongo, à descendre la falaise de 300 mètres de haut, à nager vers trois îlots successifs, dont le plus éloigné est à 1500 m et à monter sur l'îlot , dont vous verrez sur la photo que ce n'était pas une simple affaire, surtout en cas de mer agitée. Les représentants de chacun des dix-huit clans devaient attendre la ponte des oiseaux marins en survivant sur l'îlot, ce qui était en fait le plus dur de la compétition. L'attente durait environ un mois. Il fallait s'emparer d'un oeuf  et le ramener intact au village d'Orongo. Le vainqueur, premier arrivé avec l'oeuf intact devenait "l'homme oiseau" pour un an et donnait le pouvoir à son clan. La compétition a duré jusqu'en 1866 ; les missionnaires y ayant mis un terme à cette date. Il y a eu 156 hommes oiseaux , dont les noms ont été gravés dans la pierre (désolé pour les photos, mais ça ne passe pas)        

samedi 21 mars 2015

Castro- Ile de Chiloe

L'ile  de Chiloe est au sud de Puerto Montt. Il faut passer le bac pour y accéder et durant la traversée on voit des phoques partout dans l'eau. Castro est la plus jolie ville de Chiloe, qui fait tout de même 300 kilomètres du nord au sud. J'y ai reçu, avec plaisir,  mes premières gouttes de pluie depuis le 10 février. Chiloe est connue pour ses églises en bois et ses "palatas", maisons sur pilotis.
La ville est très agréable avec ses rues en pente et ses maisons de toutes les couleurs, qui caractérisent bien le Chili où qu'on aille.
Les "palatas" doivent être menacés d'une manière quelconque, car j'ai vu beaucoup de panneaux de défense. le slogan local est "on ne touchera pas à nos Palatas !!!" On pourrait l'importer en France pour faire un peu de changement. En photo, les palatas sont magnifiques (voir ci-après). vu de plus près c'est assez nauséabond et l'odeur des eaux stagnantes n'est pas très ragoutante.
L'église est magnifique (également ci-dessous). A l'intérieur les statues sont peintes et habillées de tissus, ce qui donne un cachet particulier (je crois que c'est la pratique hispanique, mais je n'en suis pas certain). En examinant l'extérieur de l'église, on voit qu'il est entièrement revêtu de plaques métalliques. Renseignement pris, on m'a dit qu'il était impossible de faire autrement pour le protéger de l'humidité. Le seul autre exemple d'église en bois que je connaisse est celui de Honfleur. je ne me rappelle absolument plus de son  revêtement : une vérification à faire à mon retour.
Les chiliens sont très soucieux de leur santé. Il y a peut-être plus de pharmacies qu'en France et elles sont très grandes. Les hasards de l'histoire ont également fait que la chirurgie dentaire s'est particulièrement développée. On voit des cliniques dentaires de partout. Contrairement à la pratique française, les médecins en général et les dentistes en particulier ont le droit de faire de la publicité. Les slogans sont superbes et promettent en particulier des arrachages de dents sans douleur. J'ai essayé de voir si le résultat de toute cette activité dentaire se voyait dans les sourires des chiliens, mais j'ai rapidement cessé d'épier les bouches de peur de passer pour un pervers.









jeudi 19 mars 2015

Lac Llanqune

J'ai rejoint Puerto Montt en prenant le bus de nuit au départ de Talca, ville carrefour à la hauteur de Constitucion. Le trajet a duré dix heures, mais je n'aurais jamais imaginé qu'un car puisse être aussi confortable.
De Puerto Montt, je suis allé visiter le lac Llanque qui se trouve juste au nord de cette ville. La région a connu une forte immigration allemande, non pas en 1945 comme pourraient le penser les mauvais esprits, mais au XIX siècle et au  lendemain de la guerre de quatorze. le paysage est assez alpin et l'influence allemande sur les constructions est assez marquante. C'est assez troublant on se croirait dans une sorte de Bavière sud américanisée. Pour la première fois depuis que je suis au Chili, je vois des paysages vraiment verts et une température clémente.
Les habitants de la région se targuent que l'on puisse voir sept volcans d'un seul coup d'oeil. Même en me déhanchant, je n'ai jamais réussi à en voir plus de trois. Il a du y avoir des croisements entre les allemands et quelques marseillais égarés.
J'ai vu la petite ville de Frutillas (ce qui veut dire fraises en espagnol), jolie petite station estivale du bord du lac aux eaux totalement transparentes. Là aussi plus personne dans l'eau malgré le soleil éclatant. L'aubergiste auprès duquel je m'étonnais de la chose a bien ri et m'a conseillé d'aller essayer par moi-même.
                                       

                                   La plage  de "la pierre de l'église" à Constitucion (sable volcanique noir)



                                                         Théatre lacustre de Frutillas


                                         Maison  de Frutillas d'influence allemande




                                                               Volcan de Petrohue

mercredi 18 mars 2015

Constitucion




Constitucion est une jolie petite ville à deux cent cinquante kilomètres au sud de Santiago, sur la côte Chilienne. Elle est à l'embouchure du fleuve Maule (prononcer M-a-o-lé), qui est le plus grand fleuve chilien. Elle a été ravagée par le tremblement de terre de 2010 et il ne reste plus rien de la maison familiale qui a été rasée par le tsunami. La maison des voisins et amis d'enfance est sur l'une des photos ci-après. Elle est restée en l'état. On voit encore quelques maisons ravagées et pas mal de terrains à vendre. A l'entrée de beaucoup de rues, on a un panneau indiquant la direction des collines et disant "évacuation tsunami". la maison des voisins d'en face était occupée par un membre de la famille propriétaire lorsque le tremblement de terre a eu lieu. Il a réussi à s'enfuir avant que la maison ne lui tombe sur la tête, mais il n'a pas cru au tsunami. Il a eu tord, mais on l'a tout de même trouvé vivant en haut d'un arbre. Les habitants de Constitucion n'ont pas l'habitude de voir des étrangers et encore moins des français. Ils ont presque l'air de penser que les parisiens passent tous leurs week-end aux folies bergères. Du fait du tsunami, toute la ville est neuve. ma logeuse m'a montré les photos prises immédiatement après, on dirait des photos de bombardement de la guerre de 39-45. La capacité de reconstruction est assez extraordinaire. Cinq ans après, tout ou presque est refait. A la sortie de la ville il y a des plages magnifiques, mais de sable noir volcanique. Il fait grand soleil, mais il n'y a strictement personne dans l'eau. En fait la mer est très froide et les chiliens ne se baignent qu'en janvier et février (équivalent de juillet et août)                                                                                      







mardi 17 mars 2015

Constitucion

Constitucion est une petite ville côtière au sud de Santiago (dans les deux ou trois cents kilomètres). C'est une station estivale pour les chiliens de la région, quasiment pas d'étrangers. La ville est à l'embouchure du Maule (prononcer M-a-o-e-lé), qui est le plus grand fleuve du Chili.
Accessoirement, c'était la ville de la famille Favereau avant la deuxième guerre mondiale. la maison qu'ils habitaient a été emportée par le Tsunami de 2010 et il n'en reste plus qu'un terrain vague. La ville est sur la rive gauche du fleuve. Une colline placée juste à l'embouchure permet un très beau point de vue, mais elle a eu un effet désastreux lors du Tsunami. La masse d'eau qu'elle a détournée s'est engouffrée dans l'espace disponible et a remonté le fleuve. La maison familiale était sur la rive gauche à une rue de la rive.
La maison d'en face appartenait à une famille amie, qui la possédait encore en 2010. Un seul membre de  la famille l'occupait lors du tremblement de terre, qui a eu lieu durant la nuit. la maison étant grande, le malheureux a eu du mal à trouver la sortie avant qu'elle ne s'écroule. Il a tout de même réussi à s'échapper. Considérant qu'il avait eu assez d'émotions pour la nuit, il a refusé de suivre les conseils de prudence et de se réfugier dans  les collines. Il a été emporté par le tsunami et a été retrouvé sains et sauf dans un arbre. Ce n'était pas son heure !!!  

dimanche 15 mars 2015

La Chascona

La Chascona est la maison de Pablo Neruda à Santiago. Il en avait trois, j'ai vu celle de Valparaiso, mais je ne verrai malheureusement pas la troisième, au bord de la mer, qui est parait-il la plus belle.
La maison a commencé à être construite en 1953 pour abriter les amours illicites de Pablo Neruda avec Matilde Urrutia, surnommée "la Chascona" pour sa chevelure rousse et rebelle.
Au passager, sur le plan linguistique, lorsqu'on parle d'une femme en espagnol (au moins au Chili), il n'est pas du tout inconvenant de dire "la Paulette ou la Marie" et ça ne présente absolument pas le caractère péjoratif qu'on donne à cette façon de désigner en français.
Les amours illicites ayant été régularisées au détriment de la précédente épouse, la maison a été progressivement agrandie. On a maintenant un ensemble de petits bâtiments à flanc de colline donnant sur des terrasses fleuries. La salle à manger a été construite de telle façon que l'on ait l'impression d'être dans un bateau. le plafond est bas et les fenêtres sont des hublots : on s'y croirait.
Le mobilier et les objets décoratifs viennent du monde entier dans des styles de tous ages, du plus moderne au plus ancien et l'ensemble donne envie de s'arrêter et de rester.
Si la morale a un peu souffert au passage, le résultat est à la hauteur.
La Chascona est dans le quartier de "Bellaviste", constitué d'anciennes maisons ouvrières totalement boboisées. il est maintenant et très à la mode et  on comprend d'ailleurs pourquoi il l'est, Se promener dans ces rues est très agréable. Santiago se remplit de centres commerciaux urbains. Je suis passé dans celui de Bellavista. C'est bien sur un centre commercial comme les nôtres, mais il est en plein air et totalement fleuri. Ca fait al différence.
J'ai ensuite fini d'écumer le musée historique de Santiago, situé sur la place d'armes et je suis de plus en plus fasciné par la personnalité de Pedro de Valdivia, sur lequel je reviendrai ultérieurement.
Au passage dans les rues de Santiago le dimanche, j'ai remarqué beaucoup de prédicateurs enflammés prônant l'amour du Christ à coup de vociférations, ce n'est pas comme ça qu'ils m'attireront !!!

La Chascona de l'extérieur. Il est interdit de photographier à l'intérieur.  






vendredi 13 mars 2015

San Pedro de Atacama

San Pedro de Atacama est un carrefour historique et une oasis dans le désert le plus sec du monde.
Une forteresse avait été construite par les indiens pour contrôler les flux migratoires (authentique) vers le neuvième siècle après JC. Pedro de Valdivia, le découvreur du Chili l'a trouvée sur sa route en venant du Pérou (vers 1540). Les indiens ont résisté avec des flèches contre des arquebuses et il en est résulté ce que l'on pouvait en attendre.
Pedro de Valdivia, qui était porteur d'une mission civilisatrice envers les indiens,leur a fait couper les têtes et les a exhibées sur des piquets. Les indiens ont immédiatement compris les bienfaits de la civilisation et lui ont porté allégeance sans plus attendre.
A quelques kilomètres de San Pedro, on trouve les salar de Atacama. C'est un vaste étang, alimenté par les eaux souterraines filtrant des volcans alentours. Cet étang est une réserve de flamands roses.
Tout autour de l'étang le sol est constitué par une croûte de sel, qui craque sous le pied et sous laquelle ont voit l'eau affleurer.
Fini pour moi les joies du désert. Ce matin retour à Santaigo.  

Le blanc que vous verrez sur l'une des photos ci-dessous n'est pas de la neige, mais du sel. La charpente de l'église est en cactus. J'ai appris depuis que le cactus est une espèce protégée et qu'on ne l'utilise plus pour la construction.